Le BBL, ou Brazilian Butt Lift, revient souvent dans l’actualité. Certaines complications graves, relayées ces dernières années, ont mis en lumière les risques de cette chirurgie des fesses pourtant très demandée. En cause : des injections de graisse réalisées trop profondément, dans une zone richement vascularisée, pouvant provoquer une embolie graisseuse. Mais faut-il pour autant considérer le BBL comme dangereux ? Pas nécessairement : entre des mains expertes, avec une technique maîtrisée et un suivi rigoureux, cette intervention peut offrir des résultats harmonieux et durables. Le tout est de comprendre où résident les risques, et comment les prévenir.
En quoi consiste un BBL en chirurgie esthétique ?
Un BBL associe une liposuccion et un transfert de graisse. Le chirurgien aspire la graisse sur certaines zones (ventre, hanches, cuisses, flancs). Il la filtre, puis la réinjecte dans les fesses pour en augmenter le volume et modifier la forme.
Cette technique utilise votre propre graisse. Elle permet de travailler la cambrure et la silhouette dans son ensemble, et pas seulement le galbe fessier.
Cependant, il s’agit d’une chirurgie avec anesthésie, volumes parfois importants et temps opératoire non négligeable. Ce n’est donc pas un simple “coup de pouce” esthétique.
Pourquoi le BBL présente-t-il des risques spécifiques ?
Oui. Le BBL est connu pour exposer à un risque d’embolie graisseuse. Ce risque survient quand de la graisse pénètre dans les vaisseaux sanguins et migre vers les poumons. Le danger augmente si la graisse est injectée trop profondément, dans ou sous le muscle fessier.
À ces risques spécifiques s’ajoutent ceux de toute chirurgie. Hématome, infection, troubles de cicatrisation, déséquilibre de la silhouette, asymétrie. L’état de santé général, le surpoids, le tabac et la quantité de graisse manipulée influencent aussi le niveau de risque.
Il faut donc considérer le BBL comme une chirurgie lourde, qui impose un cadre strict.
Comment un chirurgien peut-il rendre un BBL plus sûr ?
La sécurité commence avant le bloc opératoire.
Pour cela, le chirurgien esthétique évalue la faisabilité du BBL en fonction de vos antécédents, de votre poids et de vos attentes. Dans certains cas, il recommande une autre stratégie plutôt qu’un BBL, si le rapport bénéfice/risque lui paraît défavorable.
Pendant l’intervention, plusieurs principes techniques améliorent la sécurité. Le chirurgien injecte la graisse dans les plans superficiels, au-dessus du muscle. Il oriente les canules parallèlement à la peau pour éviter les zones profondes à risque. Il limite les volumes réinjectés en une seule séance. Par ailleurs, l’intervention se déroule dans un environnement opératoire contrôlé, avec une équipe formée à ce type de chirurgie.
Malgré toutes ces précautions, le risque ne disparaît jamais complètement. L’information claire et honnête fait donc partie intégrante de la prise en charge.
Quel rôle joue le patient dans la sécurité après un BBL ?
Après un BBL, le comportement du patient compte beaucoup. Il doit respecter les consignes de repos, éviter impérativement le tabac, suivre les recommandations concernant la position assise et la reprise du sport. Ces éléments influencent la cicatrisation et la qualité du résultat.
Ainsi, certains signes imposent une consultation urgente : essoufflement brutal, douleur thoracique, malaise, fièvre, douleur très intense et inhabituelle au niveau des fesses ou des zones de liposuccion.
En cas de doute, mieux vaut consulter sans attendre. Le suivi programmé avec le chirurgien permet ensuite de surveiller la silhouette, la graisse greffée et l’évolution globale.
Le lipofilling des fesses convient-il à tous les patients ?
Le BBL ne convient pas à tout le monde. Il ne doit pas être banalisé ni présenté comme une solution rapide et sans risque. Chez certains patients, un BBL peut se discuter de façon encadrée, avec une technique rigoureuse et un projet réaliste…et donner des résultats très satisfaisants. Chez d’autres, il est plus raisonnable d’envisager une autre approche (implants fessiers par exemple) ou de renoncer.
La décision finale se prend au terme d’un échange approfondi avec le docteur, mais aussi du choix du chirurgien esthétique. Le but reste de trouver un équilibre entre désir de changement, contraintes anatomiques et niveau de risque accepté.









